Alors du rythme, en veux-tu? en voilà! parce que le ciel ressemble à un aspic criblé de bouts d'avions, de pales d'éoliennes, de pylones rouges et gris et d'étoiles aussi. Massive Attack crie « ouh-ouh » dans la radio alors je me dis que je ne peux écrire que dans ma tête, là où les mots explosent en choquant mes os. Ils me suent par tous les pores sans que je ne puisse en retenir un. Je parviens tout juste à en noter fiévreusement l'un ou l'autre emputé, clopinant, écorché et vide de sens sur mon téléphone portable, jamais de bic, ca freine, c'est bleu, ca hypnotise.

Pas de rythme, juste des mots qu'on ne dit pas, des mots pylones et hauts-fourneaux. Je me dis qu'on a du mérite d'écrire de nos jours, avec toutes ces misères, ma bonne dame, dans le temps, il n'y avait que des fleurs des champs et pas de tour de contrôle sur les hauteurs de la ville. Mais je finis par trouver ça beau les champs baignés par le soleil gris, la pluie et mon regard qui en crève.

De ce rythme.