11/05/2006

chant de pétrole

Tu fais comment, toi qui sais tout écrire, pour parler de ce champ croisé hier sur la route, le soleil orange qui s'empale sur les éoliennes, les sillons de blés jaune vert et le bruit feutré de la voiture. De la Uillean pipe à la radio, et de la clarinette aussi - il n'y a pas assez de clarinette à la radio - les fenêtres sont ouvertes, ça sent le lilas, le purin et le soir de printemps lavé par l'orage.

Derrière la vitre fumée, la lumière ne parait que belle, comme un photo bien exposée.

La technique, ce pays et cette terre qui meurt, mon mal de vivre et la chimie qui révèle les détails, le fleuve et ses collines, mon viorne qui n'est qu'un puceron, pas grave, des pierres que je voudrais entassées dans le fond du jardin, un ex-voto à l'infini et à mon incapacité à écrire.

Il faudrait aussi peindre ce matin et le disque rouge qui repartait dans l'autre sens, une journée de plus, puis une semaine, des dossiers dont l'arc-en-ciel ne cache même pas les atrocités, des cris et des rires, des trains et des annonces de gare.

C'est con à dire, tout à le même goût, c'est pourtant le clé : quand je l'ai tourné, bon sang mais c'est bien sûr, cinq minutes pour dénouer l'écheveau de la croissance, et on repart à zéro, sauf que le départ a été donné il y a longtemps, tu sais, fais-en ton deuil.

Demain, un autre disque rouge. Malgré la brume. Et puis la trace noire sur mon bras. Comme une liane qui grandit. En même temps que moi.

22:07 Écrit par marco | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

tu fais comment et Vincent Van Gogh se trancha l'oreille !

Écrit par : joseph | 12/05/2006

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