24/02/2006

échaudé

Petite visite hier dans le comptoir de la Compagnie où je devrais débarquer sous peu, enfin, bientôt, enfin peut-être.

Sentiment mitigé, sensation de passer à côté de quelque chose, de revenir sur mes pas, de retrouver un Capitaine Frapadingue et puis, peut-être que je me trompe, peut-être que tout ira bien, que j’y trouverai des épices rares et de l’or, peut-être que je veux y aller, peut-être aussi que je me trompe de voie, vous avez la maturité nécessaire maintenant pour dire merde, évidemment, mais les factures tombent avec le même rythme que les saisons, que les heures et les semaines que je passe sous ces lambris, il faut bien nourrir son homme, son chat, puis payer les géraniums sous les fenêtres, tu vois, les beaux jours reviennent et un peu de couleur ferait du bien.

C. m’a dit ce matin, les larmes aux yeux de s’être encore fait gruger par un des corsaires qui rodent dans les eaux chaudes européennes, que je devais penser à moi, puis, que j’étais jeune moi, pas elle, que j’avais la vie devant moi, puis cette grippe aviaire qui lui fait peur, elle n’aime pas les plumes puis dans son espagnol chantant marmonne un dicton un peu triste, un peu désabusé, comme un dicton du sud.

C’est un peu le passé qu’on se reprend dans la gueule, petit message hier de mon ancien capitaine en second, elle m’apprend le décès du matelot aviné, on conclu qu’il a été broyé par le système, je lui dois un mail, j’hésite, le temps qui passe tellement vite, si ce n’est pas une excuse, qu’est ce que c’est ?

Alors, je devrais dire oui, plonger vers le Sud et m’installer bien douillettement dans ce Comptoir et attendre que la Compagnie se souvienne des idéaux de ses matelots, des examens encore, des concours toujours, puis je finirai comme ceux que je n’aime pas, pour faire mieux bien sûr, c’est toujours ce qu’on se dit.

Parce qu’on pense avoir le choix.

Parce qu’on pense ne pas l’avoir.

Et que de toute façon rien n’est joué.

14:51 Écrit par marco | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

En réponse à ton commentaire... Non cette fois ce n'est même pas le romantisme... (je ne sais même pas comment je dois prendre ton commentaire... mais bon soit!)

Écrit par : Oli | 28/02/2006

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