22/02/2006

le hollandais volant

En sortant de son bureau où il s’est enfermé une heure plus tôt, il lance à la cantonade, « sm tout vert ». Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il ne sera pas là de l’après midi, comme chaque jour depuis presque un mois, son mobile sera ouvert, on peut l’atteindre. Ou pas.

Je travaille avec un fantôme, un fuyant. Il sent la fin, la mort qui rode, encore un faire-part de décès aujourd'hui, ça l'affecte, bien sûr. Des amis, sa génération d’Amiraux, de dirigeant, des valeurs ( ?) qui s’éteignent.

Il ne se rend pas compte, il balaye tout d'un revers de la main, il ne veut rien voir, alors les matelots trament dans leurs coins des complots pour l’amener à ouvrir les yeux tandis qu’il s’en va vers des Jardins choisir des récoltes, une certaine frénésie dans ses actions, seule la certitude de l’échéance qui approche lui ceint le cœur et l’étouffe, plus vite il avance, plus vite passera le témoin, et espérer ne pas s’en rendre compte, comme un voyage sur l’autoroute où les villes défilent sans que l’on n’en retiennent le nom.

Le vide qui le précédera n’arrange pas les choses, ambiance lugubre sur le pont, on se sert les coudes à s’en donner des bleus, des envies de vider les tonneaux de rhums qui traînent, de la démotivation qui suintent des murs, les ordres de missions qui se font attendre et l’odeurs fétide de cette Compagnie monstrueuse qui remontent des cales.

Et nous soulève le cœur.

13:43 Écrit par marco | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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