05/01/2006

tourner la page

J'ai hésité, parce que je devais laisser le temps filer, me l'approprier et lui crier que c'est un con, le hair et faire avec. J'ai voulu ne pas acheter d'agenda cette année, ne pas regarder en arrière, puis l'avenir est ce qu'il est, incertain, flou et malsain, rapide comme le vent dans la rue déserte et brulant comme le souffle du diable. Mais c'est lui qui vient, pas le passé, et puis autant en prendre son parti "je fais le pari que sous la peau de banane, je trouverai un billet de cent euros", elle m'a fait rire, je l'ai trouvée gonflée.
 
J'ai donc acheté cet agenda mais je n'y marquerai plus ces dates de ma mythologie, quand je me suis cassé la gueule à l'unif, quand je me suis fait sucer pour la première fois, quand j'ai embarqué sur le rafiot du Capitaine taré. Je veux pouvoir me lever un matin et me dire "tiens, il y a deux semaines, cela faisait trois ans que un tel est mort ". Ne pas anticiper les choses et ne pas attendre que la tombe rejaillisse du calendrier et la voir poindre son nez des semaines à l'avance. Et puis si cet agenda reste vide, ce ne sera pas signe qu'il ne s'est rien passé, juste une trace transparente du temps qui passe et que je comble au fur et à mesure. Sans préméditation et sans regret.
 
En avant quoi.
 
Enjoy.

15:33 Écrit par marco | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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